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mercredi 8 juin 2011

Mes blés ne sont pas bleus, ils sont verts ! Un joli vert.

par Josy Taramarcaz.

AGRIDEA a mené une enquête auprès de 28 agriculteurs sans bétail de Suisse romande, ou avec peu de bétail ayant fait le choix du bio ces dernières années. Elle vise à connaitre les motivations pour la reconversion bio et les répercussions de cette décision.

Décision économique et environnementale

La décision de la reconversion n’est jamais mono-factorielle. Marché, revenu, sol, environnement, diminution d’utilisation de produits et image du métier d’agriculteur sont les motivations qui reviennent le plus souvent.

Le marché et la rentabilité économique est citée par 70% des agriculteurs questionnés : prix conventionnels en chute libre, difficulté de vendre, demande des consommateurs, marché bio prometteur, références technico-économiques favorables au bio…

Le deuxième argument pour la reconversion se trouve du côté « nature » et cité par deux tiers des participants de l’enquête : volonté de protection des sols et de l’eau, de diminution des produits phytosanitaires, problèmes de santé dus à l’utilisation de produits de traitement…

D’autres arguments, comme le côté innovant, les aspects techniques, la qualité des produits, l’indépendance par rapports aux firmes de phytosanitaires font également partie des motifs de reconversion.

Principales répercussions pour l’exploitation
Les modifications principales lors de la reconversion ont été,  
  • la réorganisation de la rotation :
    - introduction ou augmentation des prairies temporaires ;
    - abandon de la betterave ou du colza (pour 8 agriculteurs, alors que 3 les ont conservés).
  • Investissement en machine de lutte mécanique contre les mauvaises herbes.
Changement des techniques et des perceptions en bio
 En bio sans bétail, les principaux problèmes techniques sont les mauvaises herbes et la fumure, alors que les ravageurs et les maladies sont un moindre souci ! Rien de nouveau !
La perception des problèmes techniques dans les grandes cultures bio sans bétail est par contre différente entre les agriculteurs bio et les agriculteurs conventionnels (voir tableau).

Tableau : Perception des aspects techniques en grandes cultures bio sans bétail (en % des réponses)
 
Vus par les bio sans bétail 
 


  
Vu par les conventionnels sans bétail (enquête 2009)


 

Résultats économiques
Pour les agriculteurs questionnés, le bio demande environ 15% plus de travail (désherbage). La commercialisation est bien plus facile et agréable qu’en conventionnel et le revenu est en général supérieur (dix huit agriculteurs - 64% - dégagent un revenu égal à supérieur qu’en conventionnel, un déclare gagner moins. Les autres ne peuvent pas se prononcer, car ils sont depuis trop peu de temps en bio).

Vue personnelle sur le bio
La moitié des agriculteurs déclarent avoir « redécouvert leur métier » après être passé aux méthodes bio. Les défis techniques et le fait de produire de la marchandise recherchée les conforte dans leur rôle producteur.

Les producteurs sont, en toute grande majorité, fiers d’être agriculteur bio et estiment que le bio améliore l’image de l’agriculture en général. Ils referaient le choix d’une reconversion bio aujourd’hui.

Les produits bio ont une qualité (interne et externe) supérieure pour les trois quart des agriculteurs. Un sur dix pense que la qualité est similaire aux produits conventionnels. Les autres ne peuvent pas se prononcer.

Le bio sectoriel n’est pas une solution à envisager pour les 4/5 des agriculteurs questionnés. Les autres l’auraient choisi au début, pour la betterave par exemple, mais remarquent que mener les deux systèmes de front serait très difficile, tant du point de vue pratique qu’intellectuel.

Faut-il une aide à la reconversion ? La réponse est clairement Oui ! (80%), surtout pour les aspects techniques, vulgarisation, visites de cultures, suivi, etc. Moins de la moitié (40%) pense qu’une aide financière serait nécessaire pour favoriser les reconversions.

Conclusion

Les motivations à la reconversion, avant tout économique et environnementales, débouchent sur des situations bien perçues avec des changements techniques et intellectuels. Les résultats économiques et sociologiques sont positifs et encourageants.



L’enquête a été faite par téléphone. Nous mettons ci-dessous quelques citation et réflexions des participants :

Albert, 64 ha : Ma pompe à traiter était en panne. On est allé en chercher une chez un bio qui voulait la vendre et on a visité la ferme et vu que c'était assez bien. On est allé voir chez d'autres bio et c'était bien. C'est motivant de pouvoir cultiver sans traiter, sans produits chimiques. C'était au printemps ! On s'est inscrit en automne et on ne regrette rien !

Bernard, 77 ha : Produire du blé que personne ne veut à 40 balles ? C’est mieux de produire quelque chose qui a de la valeur, même si le rendement est plus faible !

Célestin, 27 ha : Mes motivations ? Plutôt une réflexion en voyant les tonnes d'emballages de mes produits phyto pour faire des surplus qu'on ne peut pas écouler !

Etienne, 20 ha : Ce qui m'a fait le plus mal au ventre, c'est de devoir arrêter la betterave! J'avais un beau contingent et de belles cultures, mais qu’est ce qu’on pouvait faire ? Avec l’évolution des prix des cultures conventionnelles, ça ne paie plus !

François, 24 ha : Avant on vidait des sacs et on corrigeait si ce n’était pas beau. Maintenant c'est un autre regard, une autre approche : Mes blés ne sont pas bleus mais ils vont bien: ils sont verts, un joli vert

Gilbert, 36 ha dont 5 ha de vigne : Je redécouvre mon métier, avant j'appliquais des recettes, et j'ai une plus grande satisfaction personnelle. Je n’ai pas encore trouvé la solution pour tous les problèmes, mais c'est intéressant, c'est un peu l'aventure...  avec un sentiment d'autarcie assez sympa au niveau de l'exploitation

Henri, 42 ha : Le bio sectoriel ? Oui, J'ai commencé par ça et je suis en reconversion par étapes, mais il faut aller jusqu'au bout de ce qu'on fait, être cohérent et tout faire

Josy Taramarcaz, AGRIDEA, mai 2011

jeudi 25 novembre 2010

Les défis de la conversion à l'agriculture biologique

Avec  15 nouvelles conversions par jour (France), la filière bio doit faire face à de nombreux défis pour que son développement soit le plus harmonieux possible dans les territoires et pour toutes les parties prenantes, du producteur au consommateur.
 la FNAB a décidé de publier une série de notes sur "les défis de l'agriculture biologique". Celles-ci paraitront de novembre 2010 jusqu'à mars 2011. Elles ont pour objectif de faire connaître les enjeux de la bio comme les positions et propositions issues du réseau FNAB, présent partout en France au service de l'ensemble des producteurs bio.
La première note de cette série est consacrée au défi des conversions à l'agriculture biologique.  

Elisabeth Mercier, Directrice de l’Agence Bio indique que "Selon les premières estimations réalisées en cours d’année, le nombre d’exploitations bio a dépassé les 20 000 début septembre 2010. Selon toute probabilité, vu le rythme de développement observé depuis le début de l’année, le nombre d’exploitations bio supplémentaires fin 2010 par rapport à fin 2009 va approcher les 5 000. C’est sans précédent "

"Pour l’ensemble des secteurs, une analyse prospective est en cours à l’Agence BIO. Les résultats seront mis à disposition début février 2011 dans le cadre du Salon International de l’Agriculture, et en particulier du séminaire international organisé le 23 février 2011."


Cette première note est téléchargeable sur le site de la FNAB en pdf;

dimanche 21 novembre 2010

Bio Suisse adopte des mesures pour dynamiser le développement de l'agriculture biologique

Lors de leur assemblée d'automne  (17/11/2010) , les délégués des organisations membres de Bio Suisse ont adopté à Olten une série de mesures pour dynamiser la poursuite du développement de l'agriculture biologique.

  • Investissement de  150’000 francs (CH)  de plus dans la sélection végétale et animale biologique, ce qui permettra notamment de sélectionner des variétés résistantes aux maladies et bien adaptées aux conditions de l’agriculture biologique. La sélection variétale biologique diminue aussi la dépendance de l’agriculture à l’égard des variétés dites hybrides produites par les grandes multinationales semencières
  • investissement d’importants moyens financiers pour renforcer les organisations membres de Bio Suisse, qui vont lancer avec leur fédération plusieurs projets destinés à améliorer l’attractivité de l’agriculture biologique en vue d’augmenter le nombre de reconversions, surtout parmi les producteurs de grandes cultures et de cultures spéciales

Le cinquième Prix d'encouragement de Bio Suisse va aussi dans la même direction: il a été décerné à l'association Alpinavera pour son concept novateur de boulangerie qui ouvre de nouvelles perspectives à la culture biologique des céréales en Suisse et en particulier dans les régions de montagne.

Sources :  http://www.bio-suisse.ch/fr/presse/news.php?ID_news=603

vendredi 9 juillet 2010

WECF s'interesse à l'agriculture de proximité

Dans le cadre de son pôle agriculture, WECF (*) développe actuellement un
projet transfrontalier d'agriculture de proximité sur le bassin lémanique. Pour assurer le développement et la pérennité de l'agriculture de proximité, le WECF souhaite créer un ou plusieurs groupes de travail réunissant les acteurs locaux afin de mener une réflexion concertée sur cette agriculture locale.

Un premier atelier a eu lieu en juin 2010. Celui-ci a réunit une douzaine de personnes de France et de Suisse. Une prochaine rencontre est prévue en septembre afin de formaliser la gouvernance du projet et l'implication des acteurs.

Plus d'information sur cette initiative :

http://wecffrance.canalblog.com/archives/2010/07/index.html



(*) Women in Europe for a commun Future (WECF) est un réseau d'organisations féminines et environnementales présentes dans 40 pays d'Europe, du Caucase et de l'Asie centrale.

http://www.wecf.eu/